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conférance-de-carême-2015

    

Visite de Sa Sainteté Bartholomeos I, patriarche de Constantinople:

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Le Frère Henri Delhougne osb, de l’abbaye de Clervaux, a été e.a. coordinateur de la Bible Traduction officielle liturgique, parue fin 2013. Il a bien voulu s’exprimer pour cathol.lu sur l’apport tant scientifique que pastoral de cette nouvelle 

 

 

L’ANNEE  DE  LA  VIE  CONSACREE30 novembre 2014 – 2 février 2016

QUEL  EST  LE  SENS  DES  ORDRES  RELIGIEUX ?

Comme le Pape François l’a annoncé le 29 novembre 2013, en ce 30 novembre 2014 s’ouvre dans l’Eglise catholique une année dédiée à la Vie consacrée qui s’achèvera le 2 février 2016, en la fête de la Présentation du Seigneur. Elle marque le 50e anniversaire du Décret Perfectæ Caritatis prosecutionem (la recherche de la charité parfaite) du IIe Concile du Vatican, sur la rénovation de la vie religieuse (1965).
L’attention ainsi attirée sur la Vie consacrée montre qu’elle représente une composante importante du Peuple de Dieu. Essayons ici de répondre brièvement à la question souvent posée : A quoi sert la Vie consacrée ? 


Une vocation dans l’Eglise.

 Avant de répondre directement à cette question, rappelons ce qu’est la Vie consacrée. Dans l’Eglise, comme dans la société civile, il existe différents types d’activités. Ainsi, les chrétiens connaissent trois états de vie toujours en lien les uns avec les autres. Par la consécration baptismale, tous sont membres de l’Eglise. Mais, pour progresser dans leur vie chrétienne, ils ont besoin du ministère des prêtres, spécialement pour l’enseignement de la foi, la pratique des sacrements et la direction pastorale. En troisième lieu, il y a les hommes et femmes qui vivent selon une consécration particulière. La Vie consacrée constitue donc un état de vie distinct des deux autres. Cet état inclut une grande diversité d’orientations concrètes et de styles de vie, mais toujours au service de la mission multiforme de l’Eglise.

A quoi sert la Vie consacrée ?

   
Les membres de la Vie consacrée ont conscience de servir leurs frères et sœurs en humanité au nom de l’Evangile, ne serait-ce que par la prière. Mais pourquoi ces diverses formes de services impliquent-elles une consécration particulière ? 


Pour trois raisons:

 
D’abord, parce qu’il s’agit de suivre le Christ. Par l’Evangile, il propose à certains de le suivre plus immédiatement dans sa propre manière de vivre chaste, pauvre et obéissante en vue de sa mission de salut. Ainsi, au cours des siècles du christianisme sont apparues de nombreuses familles religieuses. Elles répondaient aux besoins humains et spirituels de la société de leur temps : soin des malades et des pauvres, projets éducatifs, annonce missionnaire de l’Evangile, etc… Il s’agit de besoins toujours actuels.


Ensuite, la Vie consacrée apporte le témoignage urgent d’une vie fraternelle vraiment constructive pour l’entente entre les personnes. En effet, ses membres sont témoins de la force humanisatrice de l’Evangile à travers leur vie fraternelle permanente.


Finalement, en notre monde de consommation, les critères de rentabilité et de performances dans les projets humains ne sauraient satisfaire le cœur humain. Dès lors, la Vie consacrée, spécialement le monachisme, fournit le rappel de la nécessaire ouverture à Dieu recherché pour lui-même. Le sens de la Vie consacrée s’explique par le désir de se vouer à Dieu totalement, librement et pour toujours. La personne ainsi consacrée donne sa réponse à l’appel du Christ : « Suis-moi… » Elle le préfère à tout. Le pape saint Jean-Paul II écrivait : « « Malgré les difficultés… vous avez la mission d’inviter de nouveau les hommes et les femmes de notre temps à regarder vers le haut, à ne pas se laisser envahir par les affaires de chaque jour, mais à se laisser séduire par Dieu et par l’Evangile de son Fils ». Chacun comprendra un peu la Vie consacrée en écoutant ces paroles du Pape François : « Regarde au plus profond de toi, et demande-toi : as-tu un cœur qui désire quelque chose de grand ou un cœur endormi par les choses ? Ton cœur a-t-il conservé l’inquiétude de la recherche ou l’as-tu laissé s’étouffer par les choses, qui finissent par l’atrophier ? »

 
Dom Michel Jorrot Abbé de Clervaux

 

huit-decembre-2011

ASSOMPTION  DE  LA  VIERGE  MARIE

Homélie du Père Abbé, vendredi 15 août 2014


Il n’y a qu’un seul salut parce qu’il n’y a qu’un seul sauveur. Chers Frères et Sœurs, Comment le Christ est-il notre sauveur ? En élevant tout le genre humain jusqu’à Dieu en sa Personne divine et humaine. Cela, il l’a réalisé par sa résurrection en laquelle il a définitivement détruit le péché et la mort. Il a régénéré le monde. Œuvre gigantesque ! Tant que l’histoire n’est pas parvenue à son terme, sa résurrection agit dans le monde. Jésus porte en lui le monde nouveau. Il étend son action à toute la création. 

Cependant, nous nous demandons com-ment ? On peut répondre à partir de l’intérieur de la victoire cachée du bien sur le mal. Nous savons justement par sa résurrection, que le mal ne l’emportera jamais pour toujours. Mais, reconnaissons-le, les drames actuels qui ensanglantent notre terre semblent donner le change par rapport à la victoire du Ressuscité. Où est-elle cette victoire ? Comment y croire et, à plus forte raison, la proclamer ? Elle se situe dans la foi, oui, mais la foi a-t-elle quelque incidence sur la marche des événements du monde qui nous entoure ?Aux yeux de quantité de personnes, nous risquons de faire preuve d’une naïveté irrespon-sable en affirmant que le salut est acquis et que la partie est gagnée. N’a-t-on pas écrit qu’après Auschwitz le concept de Dieu avait changé ? Devant la force du mal que Dieu ne semble pas pouvoir détruire, il faudrait dire désormais qu’il est bon, mais pas tout-puissant. Ces interrogations sont lourdes !

Quelle est la réponse de Dieu ? A-t-il toujours gardé le silence, et le gardera-t-il tou-jours ? L’héroïque générosité de saint Maximilien Kolbe, fêté hier, se présente comme une lumière victorieuse, témoin d’une souveraine liberté, au cœur de la plus dure barbarie ? Et depuis, que de vies spirituelles ont été sauvées par son exemple et son intercession ! Voilà une réponse de Dieu au cœur même de la violence. Et aujourd’hui, en cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie, c’est une réponse autrement forte que Dieu donne au mal dans notre monde. Car, Marie émerge comme la fleur la plus pure de l’humanité broyée par toutes les souffrances imaginables, à commencer par celles de son Fils au Calvaire, mort dans le silence du Père. Cette émergence, c’est sa participation à la résurrection de son Fils. A son égard, nous posons donc un acte de foi très profond. Elle est la seule pure créature à bénéficier de cette exaltation dans la gloire du ciel. En elle, l’humanité a son achèvement, son accomplissement, en un mot : sa victoire.

Cependant, au cœur même de l’immense joie de l’Eglise, célébrant Marie en pleine gloire, nous ressentons comme une brûlure d’espérance. Notre Mère qui a obtenu que Jésus, à Cana, inaugure ses miracles (Vatican II, LG 58) ne pourrait-elle pas intercéder encore plus puis-samment pour l’humanité actuelle déchirée ?

En réponse, quelques mots du Magnificat attirent notre attention. Marie dit : « Le Puissant fit pour moi des merveilles… Il élève les humbles… ». Ce que la sainte Vierge a dit autrefois est devenu encore plus vrai depuis qu’elle est entrée au ciel. Son Assomption est le sommet de ces merveilles, et elle réalise l’éléva-tion de la plus humble des femmes que la terre ait portées. Le mystère de Marie éclaire notre compréhension de l’action de Dieu dans le monde, comme nous l’évoquions au début. Son action concerne justement cette élévation des humbles qui se confient en lui et en laquelle demeure, comme cachée, la victoire du bien sur le mal. Le Saint-Père François a écrit : « Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne diminuent pas. Pourtant il est aussi certain que dans l’obscurité commence toujours à germer quelque chose de nouveau, qui tôt ou tard produira du fruit… Chaque jour dans le monde renaît la beauté qui ressuscite, transformée par les drames de l’his-toire… La résurrection du Christ produit partout des germes de ce monde nouveau… Elle a déjà pénétré la trame cachée de cette histoire, car Jésus n’est pas ressuscité pour rien ». Et guidé par sa foi, le Pape insiste : « Comme nous ne voyons pas toujours ces bourgeons, nous avons besoin de certitude intérieure, c’est-à-dire de la conviction que Dieu peut agir en toutes circonstances, même au milieu des échecs appa-rents… Cette certitude s’appelle « sens du mystère » (Evangelii Gaudium, n° 276-279).

Ainsi, la réponse de Dieu à tout ce désastre humain encore renouvelé de nos jours, c’est l’Assomption de Marie. Sur le mal, sur la mort, elle est l’image vivante de la victoire de Dieu. Ave, Regina caelorum : Salut, Reine des cieux et du monde entier : demande à ton Fils d’élever les humbles qui souffrent et meurent pour lui et pour son Evangile.